Critique CD - Sorcière

Critique CD - Sorcière
20 chansons d'amour pour Darlyne.

"Costes chante, hurle et pleure son amour passionné (et non réciproque) pour Darlyne. Musicalement, ça peut paraître curieux de dire ça pour Costes mais je trouve ça assez structuré : c'est beaucoup plus mélodique que noise : beaucoup de synthé mélancolique et de piano. C'est terriblement touchant d'entendre cet homme prêt à tout par amour pour une fille inaccessible, ce cd très romantique m'a beaucoup émue. Cet amour est tellement fou qu'il tend vers la violence : exemple, dans « L'heure du violeur », il s'imagine se venger de Darlyne qui l'a trop ignoré, mais derrière la violence on voit que c'est un acte d'amoureux désespéré. La chanson « Le soviet suprême », à la musique magnifique et très sombre, évoque un homme trop seul qui se sacrifie par amour. Un de mes albums préférés, magnifique." Sophie D

# Posté le lundi 16 avril 2007 12:52

Critique Roman - Viva la merda !

Critique Roman - Viva la merda !
Road-Roman Scato Mystique : Un couple normal se chie dessus pour s'exciter un peu, mais se fait aspirer dans une spirale infernale de merde et de sang jusqu'à la mort.

"J'ai reçu "Viva la merda !" hier après-midi, je l'ai lu le jour-même.
En fait non, je ne l'ai pas lu : je l'ai dévoré.
Dévoré avec autant d'avidité que l'homme et la femme héros du livre dévorent leur merde respective.
Je me suis plongée dans la lecture de cet Objet Littéraire Non Identifié de la tête aux pieds, j'en suis ressortie couverte d'excréments, mais purifiée et heureuse. Car ce livre est une merveille, un putain de bijou démentiellement crade et mystique. Costes a une écriture cinématographique et par ses phrases brèves nous projecte son film déjanté dans le cerveau. Au début, tout est incroyablement délirant et grand-guignolesque : entre ce couple qui ne cesse de se chier et de se pisser amoureusement dessus, ce cueilleur de champignon voyeur-branleur et sa femme aux recettes de cuisine pour le moins originales et ce gynécoloque aux étranges remèdes contre la constipation, on a l'impression que le monde entier est devenu fou, comme si un virus sexo-scato-uro avait contaminé la planète ! Tout est exagéré puissance 10000, cette vision de vaste partouze frénétique généralisée est absolument joussive. On se marre devant tant de dégueulasserie assumée, et on se marre aussi grâce au "style Costes", avec son écriture très orale et les petits détails drôlatiques glissés un peu partout (notamment une amusante allusion à son célèbre homonyme patron de cafés parisiens très hype, très "prout prout"). Mais petit à petit, l'hystérie cacatée laisse place à un récit fantastique et mystique, et la comédie délirante laisse place à une véritable tragédie. Une troublante humanité ressort des personnages jusque là cachée. S'ensuit une ode à la beauté, la vraie, et, n'ayons pas peur des mots, à la pureté. Les nombreuses références religieuses donnent toute la dimension tragique à la situation des personnages.
Un récit d'amour fou et crade, la descente aux enfers d'un couple qui a innocemment voulu pimenter sa sexualité et qui se retrouve dans la merde, au sens figuré cette fois-ci, et qui doit faire face à un monde bien plus dégueulasse que leurs jeux amoureux.
Le livre le plus halluciant que j'ai lu à ce jour, un chef d'oeuvre de mauvais goût et de beauté." Sophie D

# Posté le vendredi 06 avril 2007 12:06

Modifié le vendredi 06 avril 2007 13:26

Critique Vidéo - Alice aux pays des portables

Critique Vidéo - Alice aux pays des portables
Alice, jeune lycéenne déçue par ses amants, se réfugie dans son portable pour y vivre une histoire d'amour intense avec un mystérieux Prince... Prince du Mal qui l'entraînera au royaume des Morts.

"A partir de ce résumé totalement loufoque, Costes et Monfort en tirent le meilleur.
Loin de ses délires scatos, trashs et de nudité gratuite, Costes fait de Alice Aux Pays Des Portables un film poétique se déroulant à Saint-Denis, sa banlieue dortoir. Complètement schizophrène, Alice Aux Pays Des Portables laisse entrevoir la griffe de Costes dans l'hystérie collective et le montage agité ainsi que celle de Monfort dans le romantisme exacerbé de l'ensemble.
Techniquement plus professionnel que ses précédents films et jamais en panne d'idées, Costes place le système du SMS en fil conducteur du film car toute la relation entre Alice et Prince se déroule uniquement par textos. Impossible alors d'oublier la scène de sexe surréaliste se déroulant dans une cafétéria par messages interposés ou le trip érotique d'Alice en vue subjective dans une chambre d'hôtel...
Comme dans l'Alice originale, la belle rencontrera un nombre impressionnant de personnages décalés allant du violeur à Prince en passant par un sorcier et un professeur de philo complètement barré (Costes en personne) représentant le salut d'Alice.
En somme, Costes offre une très belle histoire d'amour que l'on n'attendait pas de sa part... "Si les rêves sont la réalité, alors réalisons nos rêves"." Thomas F

# Posté le jeudi 05 avril 2007 17:27

Critique Vidéo - Deadly gas in Tokyo

Critique Vidéo - Deadly gas in Tokyo
Costes à Tokyo, pleurant sa geisha perdue, se suicide dans sa chambre d'hôtel.

"A travers une histoire aussi simple, Costes en tire le meilleur avec ce film calme qui, à travers chacun de ses plans, nous fait vivre la souffrance du personnage principale. Un homme trahit par l'Amour qui a perdu tout espoir d'être heureux...
Là où Deadly Gas In Tokyo demeure vraiment intéressant est dans sa représentation ultra réaliste de la solitude et du malheur... Aucun dialogue, des plans fixes et ternes qui se suivent, un rythme lent, des scènes de masturbation réalistes et explicites, une errance nocturne dans la rue avant de se finir par un suicide cruel et touchant.
Costes admet un goût prononcé pour un esthétisme glauque servant à merveille sa déprime sentimentale... Un coups de poing dans la gueule qui laisse KO.
Vous l'aurez compris, Deadly Gas In Tokyo est une œuvre choc qui, à défaut d'attiser toutes les fascinations, en refoulera plus d'un. Il est avant tout un film qui se vit comme son auteur l'a sorti de ses tripes." Thomas F
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# Posté le jeudi 05 avril 2007 13:32

Modifié le mercredi 02 juillet 2008 14:24

Critique CD - Avant-garde de l'hôpital

Critique CD - Avant-garde de l'hôpital
16 chansons sur la maladie mentale.

"CD très impressionnant dans lequel Costes, dans un état psychologique assez instable, évoque toutes ses peurs. CD de la folie, on a l'impression d'être dans la tête d'un fou, c'est très déstabilisant. Musicalement, c'est excellent : tantôt du synthé très calme, angoissant, parfois dramatique, tantôt de la noise assourdissante évoquant le bruit d'un train qui déraille. Ca reflète à merveille la détresse et le chaos mental de Costes. Dans cet album, il parle de sa solitude, de son dégoût de la vie, de sa peur du vagin (dans le magnifique titre « Le drame entre tes cuisses ») et des autres, d'où son besoin de s'isoler. Dans une des dernières chansons « Le poisson prisonnier », à la musique douce très envoûtante, Costes se met dans la peau d'un poisson gelé dans un aquarium, toute une famille l'observe mais personne ne semble compatir à son agonie. Un album marquant !" Sophie D
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# Posté le jeudi 05 avril 2007 13:26